Déroulement d'une rééducation du périnée

Votre médecin vous a prescrit des séances de rééducation du périnée et vous avez pris un rendez-vous avec un kinésithérapeute formé à cette rééducation (cf. annuaire).

Comment se déroule une rééducation du périnée ?

 

Le premier rendez-vous

Avant tout c’est un moment d’échange au cours duquel le thérapeute va effectuer un Bilan Diagnostic Kinésithérapique (BDK).

Ce bilan a plusieurs objectifs :

  • Information : anatomie, pathologie, déroulement de la rééducation…
  • Education : mictionnelle, défécatoire…
  • Prise de conscience de la contraction et du relâchement périnéal
  • Adhésion du patient au traitement
  • Orientation du traitement kinésithérapique

 

Cette première séance se déroule classiquement en 2 étapes : interrogatoire puis examen clinique

 Deroulement BDK perinee

 

Tout d’abord, il y a un « interrogatoire » classique qui permet au thérapeute de recueillir les différents facteurs de risque (surpoids, autres problèmes de santé…) qui pourraient gêner votre récupération ainsi que les différents symptômes pelvipérinéaux (fuites urinaires, pesanteur pelvienne…). En effet, même si l’ordonnance mentionne un motif précis, comme par exemple une incontinence urinaire à l’effort, le kinésithérapeute va vous poser des questions sur l’ensemble des fonctions concernées par le périnée (cf. Anatomie et rôle du périnée), à savoir :

  • Fonction urinaire
  • Fonction ano-rectale
  • Fonction sexuelle
  • Douleur pelvipérinéale

C’est au cours de cet échange que vous pourrez librement exprimer vos interrogations et l’impact de ces symptômes sur votre qualité de vie.

 

Ensuite, le thérapeute va réaliser un examen clinique, d’abord global : évaluation de votre posture, de votre respiration de votre sangle abdominale… qui ont un impact sur le périnée.

Puis vient l’examen pelvien :

  • Externe : observation de la contraction périnéale, du relâchement périnéal, de la synergie abdomino-périnéale…
  • Interne : après explications et avec votre accord, le thérapeute va réaliser un examen interne non douloureux à l’aide d’un toucher vaginal et/ou d’un toucher ano-rectal en fonction de l’interrogatoire précédemment réalisé.

Cet examen interne permettra d’évaluer plus précisément votre périnée : cicatrice, trophicité, fonction musculaire (tonicité, force, endurance, verrouillage du périnée à l’effort…).

Le thérapeute pourra vous demander des compléments d’information sous forme de recueil objectif de données. Notamment un calendrier mictionnel, qui recueille, sur un minimum de 24 heures, la fréquence des mictions, le volume des mictions, les fuites, le volume et la nature des boissons ingérées. Et parfois, le pad test qui permet une évaluation des fuites par pesée des protections. Ces données seront interprétées par le thérapeute.

 

Les techniques de rééducation

Il existe différentes techniques de rééducation que votre kinésithérapeute périnéologue a appris à maitriser.

 

  • Manuelle

Avec un toucher vaginal et/ou ano-rectal, la rééducation manuelle permet au thérapeute d’évaluer l’évolution de la récupération, de faire des résistances à la contraction, de guider la contraction grâce à des images et de vérifier la contraction en retour par le thérapeute, de faire travailler des zones précises qui seraient plus faibles…

 

  • Biofeedback (BFB)

Le biofeedback nécessite une sonde vaginale ou anale (ou des électrodes cutanées s’il y a une contre-indication, solution moins efficace). Vous contractez le périnée (après apprentissage) en suivant des consignes illustrées par un schéma sur un écran (logiciel ou diodes) et vous verrez votre contraction sur ce même écran.

Très didactique et fonctionnelle, cette technique permet une meilleure maitrise de la contraction par une meilleure évaluation de votre part. Elle permet aussi de travailler dans des situations plus fonctionnelles, notamment avec des exercices associant des efforts pour entrainer le verrouillage périnéal à l’effort.

 

  • Electrostimulation (ESF)

L’électrostimulation nécessite une sonde vaginale ou anale (ou des électrodes cutanées s’il y a une contre-indication, solution moins efficace). L’utilisation d’un courant électrique non douloureux, réglé avec vous, permet, en fonction des réglages utilisés, de renforcer le périnée en déclenchant une contraction bien perceptible (intérêt d’apprentissage également), et/ou de réguler une activité inadaptée du muscle de la vessie (hyperactivité vésicale).

 

  • Traitement comportemental

En fonction des conclusions tirées de l’interrogatoire, le thérapeute vous donnera des conseils à mettre en pratique dans votre quotidien afin d’améliorer votre comportement mictionnel (espacement ou rapprochement des mictions, éviction des mictions par précaution, etc..) et défécatoire (conseils pour la constipation notamment).

 

  • Techniques complémentaires

Elles prennent en compte le fonctionnement global du périnée avec les autres muscles du corps.

La gymnastique abdominale non génératrice de pression permet de rétablir une bonne tonicité abdominale profonde, à savoir le muscle transverse du périnée, qui diminue les pressions faites sur le plancher pelvien.

La rééducation de la posture globale du corps permet aussi cette diminution de pression notamment lors des efforts.

La relaxation peut être un apport intéressant lors de douleurs pelviennes chroniques et de difficulté de relâchement périnéal.

La thérapie manuelle, technique passive pour le patient, permet de rééquilibrer les articulations du bassin, les tensions tissulaires du petit bassin et de l’ensemble du corps.

 

La rééducation a une meilleure efficacité s’il y a une combinaison de plusieurs techniques (recommandation de sociétés savantes). En ce sens, l’utilisation d’une seule technique n’est pas recommandée, car limitante pour les résultats.

 

En fin de rééducation, le thérapeute effectue à nouveau un bilan de la fonction périnéale afin d’évaluer la récupération et la nécessité ou non de poursuivre le traitement en lien avec le médecin prescripteur.


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